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La cornemuse écossaise et ses cousines de France et d'ailleurs : l'instrument, son histoire, son répertoire et la façon d'apprendre à en jouer
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Répertoire et partitions · Lire la musique

Lire une partition de cornemuse écossaise

Lire une partition de cornemuse écossaise

Une partition de cornemuse écossaise ressemble à n’importe quelle partition en clé de sol, mais elle obéit à des conventions qui déroutent les musiciens venus d’autres instruments. Pas d’armure écrite, des grappes de petites notes partout, une étendue minuscule : une fois ces codes compris, la lecture devient rapide. Voici comment s’y retrouver, puis où chercher de la musique.

Une portée, neuf notes

Le chanter de la cornemuse écossaise ne produit que neuf notes, du sol grave au la aigu. Sur la portée, elles occupent un espace très réduit : le sol grave se place sur la deuxième ligne, le la aigu au-dessus de la cinquième, sur la première ligne supplémentaire. Aucune note ne descend sous la portée, aucune ne monte au-delà de ce la.

Les sonneurs nomment les notes à l’anglaise, et la plupart des méthodes francophones reprennent ces noms :

Nom courantNote écriteRemarque
Low Gsol gravenote la plus basse
Low Ala gravenote de référence, celle des bourdons
Bsi
Cdo (joué dièse)
Dré
Emi
Ffa (joué dièse)
High Gsol aigu
High Ala aiguoctave du la grave

Les doigtés correspondant à chaque note sont détaillés dans notre page sur la gamme et les doigtés.

L’armure qu’on n’écrit pas

Le do et le fa du chanter sonnent dièses. En toute logique, la partition devrait porter deux dièses à la clé. L’usage est pourtant de ne rien écrire : comme l’instrument ne peut pas jouer de do ou de fa naturels, l’armure est sous-entendue. Certains éditeurs la font figurer, sans que cela change les sons.

Autre particularité : le sol est naturel. La gamme du chanter n’est donc ni un la majeur ni un ré majeur strict, mais un mode proche du mixolydien sur la. C’est ce sol « bas » qui donne à beaucoup d’airs leur couleur.

Enfin, la hauteur écrite n’est pas la hauteur réelle. Le la du chanter sonne nettement plus haut que le la du diapason d’orchestre, au point d’approcher le si bémol. On écrit malgré tout « la » : la partition est une notation de doigtés autant que de sons, et un accompagnateur au piano devra transposer.

Grandes notes et petites notes

Le chanter sonne sans interruption tant que la poche est sous pression. Impossible, donc, de séparer deux notes identiques par un silence ou un coup de langue. Pour articuler, le sonneur intercale de très brèves notes : les ornements.

Sur la partition, la distinction est visuelle :

  • les notes de mélodie ont la hampe tournée vers le bas ;
  • les notes d’ornement sont écrites en petit, hampe vers le haut, souvent groupées par des ligatures multiples ;
  • leur durée n’est pas comptée dans la mesure : elles prennent un instant pris sur la note qui suit ou qui précède.

Un débutant gagne à repérer d’abord la mélodie seule, en ignorant les petites notes, puis à identifier chaque groupe d’ornement comme un « mot » connu : une simple gracenote, un doubling, un grip, un taorluath. Notre page sur les ornements décrit ces figures une à une.

Rythme, mesures et indications

Les chiffres indicateurs renseignent tout de suite sur le genre de l’air. Un 2/4 ou un 6/8 annonce souvent une marche, un 4/4 peut être une marche ou un strathspey, un 3/4 une marche lente ou un air de retraite. Les différents types de morceaux sont présentés dans notre article sur marches, strathspeys et reels.

Quelques habitudes de notation sont à connaître :

  • les morceaux sont découpés en parties de quatre ou huit mesures, généralement reprises ;
  • les points et doubles croches inégales sont fréquents, surtout dans les strathspeys ;
  • les indications de nuance sont absentes, puisque l’instrument ne joue pas plus fort ou moins fort ;
  • le tempo est rarement chiffré : il dépend de l’usage et du contexte, défilé ou concours.

Le pibroch fait exception. Sa notation, plus libre, ne rend qu’imparfaitement la façon dont il se joue, et l’écoute de sonneurs expérimentés reste indispensable.

Les recueils de référence

Plusieurs recueils imprimés servent de base commune au répertoire écossais. On cite souvent les collections publiées par des régiments de l’armée britannique, comme celle des Scots Guards, qui rassemblent des centaines de marches, strathspeys et reels dans des versions devenues standards. Pour le pibroch, les volumes publiés par la Piobaireachd Society font figure de référence pour les concurrents. Les méthodes éditées par les grandes écoles de cornemuse de Glasgow sont aussi très répandues chez les débutants.

Ces ouvrages ne sont pas des textes sacrés : un même air peut circuler en plusieurs versions, avec des ornements ou des notes différentes selon les régions, les groupes et les époques. Un pipe band impose généralement sa propre version, que chaque membre recopie ou reçoit.

Où trouver des partitions

Sans dresser de liste d’adresses, voici les sources habituelles :

  1. Les recueils imprimés, vendus par les fabricants et revendeurs spécialisés, ou consultables en bibliothèque musicale.
  2. Le professeur et le groupe : c’est la source la plus utile au début, car elle fournit des versions adaptées au niveau et cohérentes avec le jeu collectif.
  3. Les associations de sonneurs, en Écosse comme en Bretagne, qui publient ou diffusent des cahiers de répertoire.
  4. Les sites de partage entre musiciens, où circulent de nombreux airs saisis dans des logiciels de notation. La qualité y est inégale : vérifiez les ornements et comparez avec un enregistrement.

Un mot sur le droit : une grande partie du répertoire traditionnel est ancienne et libre, mais beaucoup d’airs du vingtième siècle ont des compositeurs identifiés et restent protégés. Les arrangements récents le sont aussi.

Lire, puis écouter

La partition fixe la mélodie et les ornements, pas la façon de les placer dans le temps. Le phrasé d’un strathspey, la légère attente avant une note longue, l’équilibre entre les temps d’une marche : tout cela s’apprend à l’oreille. La meilleure habitude consiste à lire un air en écoutant plusieurs interprétations, puis à le chanter avant de le jouer.

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