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La cornemuse écossaise et ses cousines de France et d'ailleurs : l'instrument, son histoire, son répertoire et la façon d'apprendre à en jouer
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Apprendre et jouer · Technique

Gamme et doigtés de la cornemuse écossaise

Gamme et doigtés de la cornemuse écossaise

Le chanter de la cornemuse écossaise ne compte que huit trous et neuf notes, mais la façon de les boucher ne ressemble ni à la flûte ni à la clarinette. Position des mains, doigts posés à plat, doigtés dits semi-fermés : ces habitudes se prennent dès les premières séances sur le practice chanter et conditionnent toute la suite.

Huit trous, deux mains

Le chanter porte sept trous sur la face avant et un trou à l’arrière, bouché par le pouce de la main du haut. La répartition est la suivante :

  • la main du haut bouche le trou arrière avec le pouce et les trois trous avant supérieurs avec l’index, le majeur et l’annulaire ;
  • la main du bas bouche les quatre trous avant inférieurs avec l’index, le majeur, l’annulaire et l’auriculaire ;
  • le pouce de la main du bas ne bouche rien : il soutient le chanter par l’arrière, à peu près en face de l’index ou du majeur de la même main.

L’auriculaire de la main du haut reste libre, posé légèrement sur le côté ou au-dessus des trous.

Traditionnellement, la main gauche est en haut et la main droite en bas. Certains sonneurs jouent à l’inverse. Pour un débutant, mieux vaut choisir une fois pour toutes, avec l’avis du professeur, avant que les automatismes s’installent.

Les doigts à plat

Sur la cornemuse écossaise, on ne bouche pas les trous avec le bout des doigts. Les doigts restent tendus et à plat, et c’est la partie charnue située entre la première et la deuxième articulation qui recouvre chaque trou. Cette position, souvent appelée « prise de sonneur », a plusieurs avantages :

  • elle couvre bien des trous assez larges et espacés ;
  • elle laisse les doigts proches du chanter, prêts à frapper les ornements ;
  • elle limite les tensions dans la main sur de longs morceaux.

Les erreurs les plus courantes au début sont les doigts recourbés, les poignets cassés et les épaules qui montent. Un miroir aide beaucoup à les repérer.

Les neuf notes et le principe des doigtés

Les notes du chanter vont du sol grave au la aigu. Leur lecture sur la portée est expliquée dans notre page sur les partitions. Côté doigts, deux repères sont simples à retenir :

NotePrincipe du doigté
Low G (sol grave)tous les trous bouchés
Low A (la grave)on lève l’auriculaire de la main du bas
B, C, Dnotes jouées principalement avec la main du bas
E, F, High Gnotes jouées principalement avec la main du haut
High A (la aigu)note la plus haute, qui demande notamment d’ouvrir le trou du pouce

Le détail exact de chaque position varie peu d’une méthode à l’autre, mais il se vérifie toujours sur le tableau de doigtés de sa méthode ou avec son professeur. Ici, l’important est de comprendre la logique d’ensemble.

Le doigté semi-fermé

Sur une flûte à bec, on ouvre les trous les uns après les autres en partant du bas. Le chanter écossais procède autrement : pour plusieurs notes, certains doigts restent posés sous le trou ouvert. On parle de doigté semi-fermé ou de doigté croisé.

Ce système joue sur la justesse et sur le timbre de chaque note. Il a aussi une conséquence pratique : les doigts de la main du bas bougent beaucoup moins qu’on ne pourrait le croire, ce qui facilite les enchaînements rapides et les ornements. Les mêmes doigts servent d’ailleurs à frapper les petites notes décrites dans notre page sur les ornements.

Passer d’une note à l’autre

Le chanter sonne en continu. Chaque changement de note doit donc être net : si deux doigts bougent à des moments légèrement différents, on entend une note parasite, que les sonneurs appellent souvent un « crossing noise ». Le passage le plus délicat est généralement celui qui fait changer les deux mains en même temps, par exemple entre une note de la main du haut et une note de la main du bas.

Pour travailler ces transitions :

  1. jouer très lentement deux notes en alternance, en écoutant le passage ;
  2. vérifier que les doigts bougent ensemble, d’un geste court ;
  3. augmenter le tempo seulement quand le passage est propre ;
  4. enchaîner ensuite trois, puis quatre notes.

Travailler sur le practice chanter

Tout ce travail se fait d’abord sur le practice chanter, dont les doigtés sont identiques. Son écartement des trous peut toutefois différer légèrement de celui du chanter de la grande cornemuse, selon les modèles. Les critères de choix sont détaillés dans notre guide pour choisir un practice chanter.

Un dernier conseil : jouer les gammes montantes et descendantes chaque jour, lentement, en tenant chaque note. C’est l’exercice le moins spectaculaire, et celui qui fait le plus progresser la propreté du jeu.

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