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La cornemuse écossaise et ses cousines de France et d'ailleurs : l'instrument, son histoire, son répertoire et la façon d'apprendre à en jouer
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Cornemuse : questions fréquentes et idées reçues

Cornemuse : questions fréquentes et idées reçues

La cornemuse suscite toujours les mêmes questions : est-ce vraiment si fort, peut-on en jouer chez soi, est-elle écossaise, a-t-elle été interdite ? Certaines réponses sont simples, d’autres demandent de faire le tri entre faits établis et histoires répétées de livre en livre. Voici les plus fréquentes.

Est-ce vraiment aussi fort qu’on le dit ?

Oui. La grande cornemuse écossaise a été conçue pour jouer en plein air, sur de longues distances, et elle fait partie des instruments acoustiques les plus puissants. En intérieur, dans une petite pièce, le son devient vite pénible, voire dangereux pour l’oreille en cas d’exposition prolongée. Beaucoup de sonneurs portent des protections auditives pendant les répétitions en salle.

Toutes les cornemuses ne sont pas aussi sonores. Les uilleann pipes irlandaises, les cornemuses du Centre de la France ou les smallpipes écossaises sont pensées pour l’intérieur et la danse. Notre page sur les cornemuses de France présente ces instruments plus doux.

Peut-on jouer en appartement ?

Avec la grande cornemuse, non, du moins pas sans gêner tout l’immeuble. En revanche, l’essentiel du travail se fait sur le practice chanter, dont le volume reste proche de celui d’une flûte à bec. On peut le pratiquer chez soi à des heures raisonnables.

Il existe aussi des chanters électroniques, qui se jouent au casque. Ils sont utiles pour travailler les doigtés en silence, mais ne remplacent ni le souffle ni la gestion de la poche. Pour l’instrument complet, les sonneurs utilisent un local de répétition, une salle associative ou l’extérieur, loin des habitations.

À quel âge peut-on commencer ?

Il n’y a pas d’âge limite dans un sens comme dans l’autre. Pour un enfant, la contrainte est physique : les doigts doivent couvrir les trous du practice chanter, et il faudra plus tard assez de souffle et de force pour la grande cornemuse. Des practice chanters plus courts existent pour les petites mains. Beaucoup de pipe bands et de bagadoù ont des sections de jeunes.

Pour un adulte, rien n’empêche de débuter tard. La progression demande de la régularité, et l’expérience montre que de nombreux sonneurs ont commencé à l’âge adulte. Le parcours est décrit dans notre page apprendre la cornemuse.

La cornemuse est-elle écossaise ?

Pas à l’origine. Des instruments à réservoir d’air et à chalumeau existent depuis très longtemps dans de nombreuses régions d’Europe, d’Afrique du Nord et d’Asie. L’Écosse a développé sa propre forme, la grande cornemuse des Highlands, devenue la plus connue au monde grâce à l’armée britannique et à la diaspora écossaise. L’Espagne, l’Irlande, l’Italie, les Balkans ou la Suède ont chacun leurs cornemuses : voir les cornemuses du monde.

La cornemuse a-t-elle été classée « arme de guerre » ?

C’est l’une des affirmations les plus répétées, et elle doit être nuancée. Après la défaite jacobite de Culloden, en 1746, le Parlement britannique a adopté des mesures visant les Highlands : désarmement, interdiction du port de la tenue traditionnelle pour les civils. Les textes de loi ne mentionnent pas la cornemuse.

L’idée d’un instrument « de guerre » vient surtout d’un procès de l’époque, au cours duquel un sonneur jacobite aurait été condamné au motif qu’un régiment des Highlands ne marchait jamais sans son sonneur. L’anecdote est souvent racontée, mais elle ne prouve pas l’existence d’une interdiction générale de l’instrument. Les historiens considèrent plutôt que la cornemuse a reculé avec l’effondrement de la société des clans, puis survécu largement grâce aux régiments écossais de l’armée britannique.

Faut-il porter le kilt pour jouer ?

Non. Le kilt et la tenue des Highlands sont l’uniforme des pipe bands et la tenue habituelle des concours en Écosse, mais rien n’oblige un sonneur à les porter pour jouer. Les bagadoù bretons ont leurs propres costumes. Pour le détail des pièces de la tenue, voir notre page sur la tenue des Highlands.

Pourquoi le son ne s’arrête-t-il jamais ?

Parce que la poche sert de réservoir. Tant qu’elle reste sous pression, l’air continue de passer dans les anches. Le sonneur ne peut donc pas faire de silence entre deux notes : il articule en glissant des ornements très brefs. C’est aussi pour cela que les morceaux commencent et finissent d’une façon particulière, avec une mise en route des bourdons avant la première note.

Quelques épisodes souvent cités

Certains épisodes sont bien documentés :

  • Le débarquement de Normandie : le sonneur Bill Millin a joué sur la plage de Sword, le 6 juin 1944, à la demande de Lord Lovat, qui commandait une brigade de commandos.
  • Les succès populaires : au début des années 1970, une version d’« Amazing Grace » jouée par la musique des Royal Scots Dragoon Guards a connu un grand succès au Royaume-Uni. En 1977, la chanson « Mull of Kintyre » de Paul McCartney et des Wings fait entendre le pipe band de Campbeltown.

D’autres histoires circulent sans source solide, par exemple sur des records de durée de jeu ou des chiffres de décibels très précis. Mieux vaut les prendre avec prudence.

La cornemuse est-elle difficile ?

Elle est exigeante, surtout pour trois raisons : la gestion simultanée du souffle et des doigts, la complexité des ornements, et l’entretien de l’instrument (anches, poche, accord). En revanche, son étendue réduite rend la lecture et la mémorisation du répertoire plus accessibles que sur bien d’autres instruments.

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