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La cornemuse écossaise et ses cousines de France et d'ailleurs : l'instrument, son histoire, son répertoire et la façon d'apprendre à en jouer
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Histoire et traditions · Écosse

La culture écossaise autour de la cornemuse

La culture écossaise autour de la cornemuse

La cornemuse des Highlands ne se comprend pas sans le pays qui l’a façonnée. Derrière l’image touristique des kilts et des châteaux se cachent une organisation sociale ancienne, une langue, des danses et des fêtes qui donnent sens au répertoire. Voici les repères essentiels pour situer l’instrument dans son contexte.

Highlands et Lowlands

L’Écosse se partage traditionnellement entre les Lowlands, au sud et à l’est, plus urbanisées et de langue scots ou anglaise, et les Highlands, terres de montagnes et d’îles, longtemps de langue gaélique. La cornemuse est jouée dans tout le pays, mais c’est dans les Highlands et les îles de l’Ouest que s’est formé le répertoire classique, le pibroch.

Cette distinction compte aussi dans l’histoire : les Highlands ont été le cœur du soutien aux Stuarts lors des soulèvements jacobites du XVIIIe siècle, et leur société a été profondément transformée après la défaite de 1746.

Les clans

Le mot clann signifie « enfants » ou « descendants » en gaélique. Un clan regroupe des familles se réclamant d’un ancêtre commun et reconnaissant l’autorité d’un chef. Dans la société traditionnelle des Highlands, le chef entretenait autour de lui une maison où figuraient un barde, un harpiste et un sonneur de cornemuse, chargés de célébrer le lignage, d’accompagner les fêtes et de marquer les deuils.

Le système politique des clans a disparu après Culloden, mais l’attachement aux noms et aux lignées reste vif, notamment dans la diaspora. Des sociétés de clans organisent rassemblements et publications, et chaque clan possède aujourd’hui des emblèmes : devise, plante, airs de cornemuse associés.

Les tartans

Le tartan est un tissu à carreaux formé de bandes de couleurs croisées à angle droit. Le motif se répète selon une séquence précise de fils, le sett.

On entend souvent que chaque clan porte son tartan depuis toujours. La réalité est plus nuancée : les motifs ont longtemps varié selon les régions et les tisserands, et l’association systématique d’un tartan à un nom de famille s’est surtout développée au XIXe siècle. La visite du roi George IV à Édimbourg en 1822, mise en scène par l’écrivain Walter Scott, a fortement contribué à cette mode. Aujourd’hui, les tartans sont recensés au Scottish Register of Tartans, registre officiel créé par une loi écossaise de 2008.

Il existe des tartans de clans, de régions, d’institutions, de régiments, et même des tartans dits universels, comme le Black Watch, que chacun peut porter. Pour les pièces du costume, voir l’article sur la tenue des Highlands.

La langue gaélique

Le gaélique écossais (Gàidhlig) est une langue celtique, proche de l’irlandais. Il reste parlé surtout dans les Hébrides extérieures et certaines parties des Highlands, et fait l’objet d’une politique de soutien : écoles en gaélique, médias, signalisation bilingue.

La langue a laissé une empreinte forte sur la cornemuse. Les titres des pibrochs sont souvent gaéliques, les chants traditionnels ont fourni de nombreuses mélodies, et le système de syllabes chantées utilisé pour transmettre le pibroch, le canntaireachd, s’appuie sur des sons vocaux. Les deux grandes catégories de musique de cornemuse portent d’ailleurs des noms gaéliques : ceòl mòr, « grande musique », et ceòl beag, « petite musique » (voir marches, strathspeys et reels).

Le ceilidh

Le ceilidh (prononcé à peu près « kéli ») était à l’origine une veillée où l’on se réunissait chez un voisin pour raconter des histoires, chanter et jouer. Le mot désigne aujourd’hui surtout une soirée de danses collectives, accessible à tous : un « caller » annonce les figures, les danseurs suivent. Le violon, l’accordéon et la guitare y sont plus fréquents que la cornemuse, trop puissante pour une salle fermée, mais les petites cornemuses à soufflet y trouvent leur place.

Les danses des Highlands

Il faut distinguer deux familles :

  • la danse des Highlands (Highland dancing), discipline de compétition exécutée en solo, sur la pointe des pieds, au son de la cornemuse. La Highland Fling et la Sword Dance, dansée au-dessus de deux épées croisées, en sont les plus connues ;
  • la danse écossaise de société (Scottish country dancing), dansée en couples et en sets, plus proche des danses de bal.

Les Highland games et les gatherings

Les Highland games associent athlétisme traditionnel, danse et cornemuse. Leur déroulement et leurs grandes épreuves sont présentés dans le guide des rendez-vous de la cornemuse. Ils jouent un rôle important pour la musique : ce sont des lieux de concours solo et de rencontre entre sonneurs.

Burns et la littérature

Robert Burns, poète national, a recueilli et réécrit de très nombreuses chansons populaires. Plusieurs de ses textes, chantés sur des airs traditionnels, font partie du répertoire de la cornemuse, et sa fête annuelle est l’une des occasions où l’instrument est le plus sollicité. Walter Scott, de son côté, a popularisé dans ses romans une image romantique des Highlands qui a durablement marqué la manière dont le reste du monde regarde l’Écosse.

Quelques mots à connaître

TermeSens
GlenVallée encaissée des Highlands
LochLac ou bras de mer
ClanGroupe de familles se réclamant d’un ancêtre commun
SettSéquence de couleurs qui définit un tartan
CeilidhSoirée de danses et de musique
SassenachMot gaélique désignant un Anglais ou un habitant des Lowlands

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