Cornemuses
Le guide indépendant de la cornemuse
Accueil InstrumentApprendreRépertoireTraditions À proposContact
Instrument · Apprentissage · Répertoire · Traditions
Cornemuses
La cornemuse écossaise et ses cousines de France et d'ailleurs : l'instrument, son histoire, son répertoire et la façon d'apprendre à en jouer
Accueil › Histoire et traditions › Biniou kozh, biniou braz et bombarde : le couple sonneur breton
Histoire et traditions · Bretagne

Biniou kozh, biniou braz et bombarde : le couple sonneur breton

Biniou kozh, biniou braz et bombarde : le couple sonneur breton

En Bretagne, on ne joue pas de la cornemuse : on la « sonne ». Le sonneur est d’abord un musicien de couple, qui partage la mélodie avec un partenaire. Le biniou kozh et la bombarde forment depuis longtemps le duo le plus caractéristique de la musique bretonne, aux noces comme aux pardons. Le biniou braz, lui, est arrivé plus tard, avec les bagadoù.

Le biniou kozh

Le biniou kozh, « vieux biniou », est une petite cornemuse gonflée à la bouche. Il comprend :

  • une poche, autrefois en peau, aujourd’hui souvent en matériaux synthétiques ;
  • un porte-vent ;
  • un chalumeau court, à perce conique, équipé d’une anche double ;
  • un unique bourdon, posé sur l’épaule.

Sa taille réduite lui donne un son très aigu et très puissant, qui porte loin en plein air. Il sonne une octave au-dessus de la bombarde, ce qui permet aux deux instruments de jouer la même mélodie sans se gêner. Il existe plusieurs tonalités, et les deux instruments d’un couple doivent être accordés entre eux.

Pendant une bonne partie du XXe siècle, le biniou kozh a failli disparaître. Il doit sa survie à quelques sonneurs âgés, puis au travail de collectage et de transmission mené à partir des années d’après-guerre.

La bombarde

La bombarde est un hautbois populaire à anche double, au pavillon évasé. Elle se joue directement à la bouche, sans poche, ce qui demande un souffle soutenu : le sonneur doit reprendre sa respiration entre les phrases.

On la trouve en plusieurs tonalités. Les modèles modernes portent souvent une ou plusieurs clés qui étendent les possibilités du jeu. Elle se joue en couple avec le biniou kozh, avec l’orgue dans certaines célébrations, en bagad et dans des formations très variées, du groupe de fest-noz à la musique contemporaine.

L’art du couple

Le jeu du couple repose sur une alternance précise :

  1. Le talabarder (sonneur de bombarde) lance une phrase musicale.
  2. Le biniaouer (sonneur de biniou) la joue en même temps, à l’octave supérieure, puis la reprend seul pendant que la bombarde se tait pour laisser respirer son sonneur.
  3. La bombarde revient à la phrase suivante, et ainsi de suite.

Le biniou, grâce à sa poche, ne s’arrête jamais : il assure la continuité de la danse. La bombarde, elle, apporte l’attaque et le relief. On retrouve dans ce dialogue un principe très présent dans la musique bretonne, celui du chant en alternance, ou kan ha diskan, où deux chanteurs se relaient en se chevauchant légèrement.

Le couple accompagne surtout la danse. Ses airs sont des suites de danses propres à chaque terroir : gavottes, plinns, an dro, hanter dro, laridés, et bien d’autres. Les sonneurs savent varier le tempo et l’énergie en fonction des danseurs.

Les sonneurs dans la société bretonne

Autrefois, le couple de sonneurs tenait une place centrale dans la vie rurale, en particulier lors des noces : il menait le cortège, rythmait les danses pendant plusieurs jours et accompagnait les moments forts de la fête. Les sonneurs étaient payés pour leurs services, et leur réputation dépendait de leur endurance autant que de leur talent.

Aujourd’hui, les couples jouent en fest-noz, en concert et en concours. Plusieurs championnats et rencontres réunissent les sonneurs de couple, la ville de Gourin, dans le Morbihan, étant associée de longue date à un championnat de Bretagne des sonneurs.

Le biniou braz

Le biniou braz, « grand biniou », est le nom breton de la cornemuse écossaise. Des sonneurs bretons l’adoptent au début du XXe siècle, mais c’est surtout après la création de la Bodadeg ar Sonerion, en 1943, qu’il se répand, avec la naissance des bagadoù. On y retrouve la Great Highland Bagpipe telle qu’elle est décrite dans l’article sur l’instrument, avec ses trois bourdons et son chanter.

Le biniou braz se joue aussi en couple avec la bombarde, en dehors du bagad, dans une formule plus récente que le couple traditionnel.

Kozh ou braz : les différences

Biniou kozhBiniou braz
OrigineBretagne, tradition ancienneÉcosse, adopté au XXe siècle
BourdonsUnTrois (deux ténors, une basse)
RegistreTrès aigu, une octave au-dessus de la bombardePlus grave
ContexteCouple de sonneurs, noces, fest-nozBagad, couple, solo
RépertoireDanses et marches bretonnesBreton et écossais

Bagad : la bombarde au pupitre

Dans un bagad, les bombardes forment un pupitre à part entière, aux côtés des cornemuses et de la batterie. Le fonctionnement de ces ensembles est présenté dans l’article sur les pipe bands et bagadoù.

Débuter

On commence souvent par la bombarde, plus simple à prendre en main, dans une école de musique traditionnelle ou au sein d’un bagad qui dispose d’une école. Le biniou kozh s’apprend ensuite, ou directement, auprès d’un sonneur confirmé. Les autres cornemuses régionales de France sont réunies dans l’article sur les cornemuses de France, et le contexte historique du renouveau breton dans l’histoire de la cornemuse.

Cet article peut contenir des liens partenaires. Ils n'influencent jamais ce que nous écrivons.