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La cornemuse écossaise et ses cousines de France et d'ailleurs : l'instrument, son histoire, son répertoire et la façon d'apprendre à en jouer
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Histoire et traditions · Groupes

Pipe bands et bagadoù : fonctionnement et comment en rejoindre un

Pipe bands et bagadoù : fonctionnement et comment en rejoindre un

Beaucoup de sonneurs apprennent la cornemuse pour jouer en groupe. Le pipe band, né dans l’armée britannique, et le bagad, son cousin breton, sont des ensembles très organisés, avec une hiérarchie, des pupitres et un calendrier de répétitions. Comprendre leur fonctionnement aide à choisir le sien et à s’y intégrer.

Le pipe band : un ensemble à deux corps

Un pipe band réunit deux sections qui répètent souvent séparément avant de jouer ensemble.

  • Le pupitre des cornemuses (pipe corps) : tous les sonneurs jouent la même mélodie, parfois avec des seconds et des harmonies dans les formations confirmées. L’unisson est l’exigence première : chanters accordés à l’identique, ornements exécutés au même instant.
  • Le pupitre des percussions (drum corps) : caisses claires, tambours ténors et grosse caisse. Ces deux derniers forment ce qu’on appelle la mid-section. Leur rôle est présenté dans l’article sur les percussions du pipe band.

Qui fait quoi

FonctionRôle
Pipe majorDirecteur musical du groupe, choisit le répertoire, accorde les cornemuses, dirige le pupitre des sonneurs
Pipe sergeantAdjoint du pipe major, souvent chargé des débutants et de l’entretien collectif
Leading drummerChef du pupitre de caisses claires, compose ou arrange les partitions de batterie
Drum majorConduit le groupe en défilé, donne les signaux avec la canne (mace), veille à la tenue
Bass section leaderCoordonne grosse caisse et ténors dans les groupes importants

Le pipe major est la figure centrale. C’est lui qui, avant chaque prestation, accorde un à un les bourdons et les chanters, travail décrit dans l’article sur l’accord de la cornemuse.

Le bagad, version bretonne

Le bagad (pluriel bagadoù) s’inspire du pipe band, mais ajoute un troisième pupitre :

  • les bombardes, hautbois traditionnels bretons ;
  • les cornemuses, appelées biniou braz ;
  • la batterie, avec caisses claires, toms ou ténors et grosse caisse.

Le chef du bagad est le penn-soner. Le répertoire repose sur les musiques de Bretagne, souvent organisé en suites de danses d’un même terroir, avec une large place laissée aux arrangements et à la création. Certains bagadoù intègrent aussi d’autres instruments, ce qui fait une différence nette avec la rigueur plus codifiée des pipe bands.

Le bagad de Lann-Bihoué, formation de la Marine nationale basée près de Lorient, en est l’exemple le plus connu du grand public, puisqu’il est le seul bagad professionnel.

Les niveaux de compétition

Les deux univers classent leurs ensembles par niveau, ce qui permet à chaque groupe de concourir contre des formations comparables.

  • Pipe bands : en Écosse, la Royal Scottish Pipe Band Association répartit les groupes en grades, du grade 4, pour les formations débutantes, au grade 1, l’élite, avec des catégories réservées aux jeunes. D’autres pays ont des associations équivalentes. Parmi les formations de grade 1 les plus titrées, on cite souvent le Field Marshal Montgomery Pipe Band, d’Irlande du Nord, ou le Simon Fraser University Pipe Band, au Canada.
  • Bagadoù : la Bodadeg ar Sonerion organise le championnat national des bagadoù, divisé en plusieurs catégories, avec montées et descentes selon les résultats.

Le fonctionnement des épreuves est expliqué dans l’article sur les concours.

Rejoindre un groupe quand on débute

La plupart des pipe bands et des bagadoù forment eux-mêmes leurs futurs musiciens. C’est même souvent leur principale source de recrutement. Les étapes sont assez semblables d’un groupe à l’autre :

  1. Prendre contact. Les groupes ont en général un site, une page associative ou une adresse de contact. N’hésitez pas à assister à une répétition en spectateur.
  2. Commencer au practice chanter. On apprend d’abord les doigtés et les ornements sur ce petit instrument silencieux ou presque, souvent pendant plusieurs mois. Voir choisir un practice chanter.
  3. Passer à la cornemuse. Une fois les bases acquises, on apprend à tenir la poche et à stabiliser le son. Certains groupes prêtent un instrument aux débutants.
  4. Intégrer le pupitre. On rejoint le groupe quand on connaît le répertoire de base et qu’on tient l’unisson, d’abord pour des défilés ou des sorties simples.

Pour les percussions, le parcours est comparable : travail sur un pad d’entraînement, puis passage à l’instrument.

Ce qu’un groupe attend de ses membres

  • L’assiduité : une répétition hebdomadaire est la norme, avec des séances supplémentaires avant les concours.
  • Le travail personnel : la répétition sert à jouer ensemble, pas à apprendre ses notes.
  • Le soin de l’instrument et de la tenue, souvent fournie ou prêtée par le groupe, et que l’on rend en bon état.
  • La disponibilité pour les sorties : défilés, concours, cérémonies, fêtes locales.

Bien choisir son groupe

Tous les groupes n’ont pas les mêmes objectifs. Certains visent la compétition à haut niveau, d’autres privilégient les sorties festives et l’ambiance. Avant de vous engager, posez quelques questions : quel est le niveau du groupe, combien de répétitions par semaine, quels frais (cotisation, achat de l’instrument, déplacements), quelle tenue, quelle place pour les débutants ? La réponse vous dira vite si le groupe correspond à ce que vous cherchez.

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