Cornemuses
Le guide indépendant de la cornemuse
Accueil InstrumentApprendreRépertoireTraditions À proposContact
Instrument · Apprentissage · Répertoire · Traditions
Cornemuses
La cornemuse écossaise et ses cousines de France et d'ailleurs : l'instrument, son histoire, son répertoire et la façon d'apprendre à en jouer
Accueil › L'instrument › La cornemuse écossaise (Great Highland Bagpipe) : l'instrument
L'instrument · Présentation

La cornemuse écossaise (Great Highland Bagpipe) : l'instrument

La cornemuse écossaise (Great Highland Bagpipe) : l'instrument

La Great Highland Bagpipe, que les Écossais appellent en gaélique a’ phìob mhòr (« la grande cornemuse »), est la plus connue des cornemuses du monde. Elle est puissante, faite pour le plein air, et son répertoire va de la marche militaire à une musique savante très codifiée. Voici ce qu’il faut savoir pour comprendre l’instrument avant d’en entendre, d’en acheter ou d’en jouer une.

Une cornemuse, c’est d’abord une réserve d’air

Toutes les cornemuses reposent sur le même principe : un sac souple, appelé poche, sert de réservoir d’air. Le musicien le remplit, puis le presse sous le bras pour envoyer un flux continu vers des tuyaux munis d’anches. Le son ne s’interrompt donc pas quand le sonneur reprend son souffle, et c’est ce qui donne à la cornemuse sa continuité si particulière.

Dans la version écossaise, la poche est gonflée à la bouche, par un tuyau d’insufflation équipé d’un clapet qui empêche l’air de revenir. D’autres cornemuses, comme les uilleann pipes irlandaises, sont alimentées par un soufflet actionné par le coude : le sonneur garde alors la bouche libre, et peut même chanter en jouant.

Mélodie et bourdons

La Great Highland Bagpipe associe deux types de tuyaux :

  • le chanter, tuyau percé de trous sur lequel les doigts jouent la mélodie ;
  • les bourdons, au nombre de trois, qui tiennent chacun une note fixe pendant tout le morceau.

Les deux bourdons ténors sonnent une octave sous la note La du chanter, le bourdon basse deux octaves en dessous. Ce tapis sonore continu, sur lequel la mélodie se détache, est la signature de l’instrument. Le réglage précis de ces trois tuyaux fait l’objet d’un article à part sur les bourdons, et le chanter, avec sa gamme et sa perce, a lui aussi sa page.

Un son qu’on ne peut pas nuancer

La cornemuse écossaise n’a pas de nuances : le sonneur ne peut pas jouer plus fort ou plus doucement, puisque l’air arrive toujours sous la même pression. Elle ne permet pas non plus de séparer deux notes identiques par un silence, la poche alimentant le chanter sans interruption.

Pour articuler, les sonneurs ont développé un système d’ornements : des notes très brèves glissées entre les notes de la mélodie, qui marquent le rythme et séparent deux notes répétées. C’est l’un des aspects les plus exigeants de l’apprentissage.

L’étendue est elle aussi limitée : neuf notes, du Sol grave au La aigu, sans possibilité d’octave supplémentaire ni d’altérations chromatiques. Tout le répertoire écossais a été composé dans ce cadre.

Les matériaux de l’instrument

Une cornemuse de qualité est traditionnellement tournée dans du bois africain noir, le blackwood (Dalbergia melanoxylon), très dense et stable. Les fabricants proposent aussi des instruments en polymère, plus résistants aux chocs et aux variations climatiques. Les décorations, appelées montures, vont de la simple bague en matière synthétique à l’argent ciselé.

La poche peut être en peau (mouton, vache) ou en matière synthétique, et les anches en canne ou en matériaux modernes. Chacun de ces choix influe sur le son, l’entretien et le confort de jeu : la page anatomie de la cornemuse écossaise passe en revue chaque pièce.

Où entend-on la cornemuse écossaise ?

ContexteCe qu’on y joue
Pipe bandsMarches, strathspeys, reels, suites de concours
SoloPibroch, marches de concours, airs lents
CérémoniesMariages, obsèques, commémorations
Musique traditionnelleDanses, sessions, ceilidh
ArméesMusiques de régiments écossais et du Commonwealth

L’instrument est étroitement associé aux régiments des Highlands, dans lesquels il a servi à rassembler et à accompagner les troupes. Aujourd’hui, la grande majorité des sonneurs sont des civils qui jouent en solo ou au sein de pipe bands, des formations qui associent cornemuses et percussions. Le fonctionnement de ces groupes est expliqué dans la page pipe bands et bagadoù.

Deux grandes familles de répertoire

La musique de cornemuse écossaise se divise traditionnellement en deux ensembles :

  1. le ceòl mòr (« grande musique »), ou pibroch, forme savante construite sur un thème et ses variations ;
  2. le ceòl beag (« petite musique »), qui rassemble marches, strathspeys, reels, jigs et airs lents.

Le premier se joue presque toujours en solo, le second constitue l’essentiel du répertoire des pipe bands et des danses.

Une cornemuse parmi d’autres

La Great Highland Bagpipe est la plus diffusée, mais elle n’est pas la seule. L’Europe compte des dizaines de cornemuses, souvent plus douces, parfois jouées en intérieur : gaita galicienne, zampogna italienne, cabrette auvergnate, biniou breton. En Bretagne, la cornemuse écossaise a d’ailleurs été adoptée au XXe siècle sous le nom de biniou braz, aux côtés du biniou kozh traditionnel.

Par où commencer ?

Personne ne débute directement sur la cornemuse complète. L’apprentissage passe d’abord par le practice chanter, un petit instrument à anche double qui se joue sans poche ni bourdons et permet de travailler les doigtés et les ornements sans fatigue. Ce n’est qu’une fois ces bases acquises que le sonneur passe à l’instrument entier, où il doit en plus gérer le souffle, la pression de la poche et l’accord.

Pour aller plus loin :

Cet article peut contenir des liens partenaires. Ils n'influencent jamais ce que nous écrivons.